CARTE BLANCHE

31 mars 2026

Endométriose : 17 centimes par femme et par an.

(résumé à la fin)

C’est le montant que le Ministre de la Santé en Wallonie et des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles prévoyait d’investir pour les 282 000 (estimation) femmes atteintes d’endométriose en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Un chiffre déjà dérisoire.


Mais la réalité est encore plus grave : ces subsides ne sont jamais arrivés.


Et aujourd’hui, la seule ASBL francophone belge experte en endométriose, Toi Mon Endo, est contrainte de cesser définitivement toutes ses activités ce mercredi 1er avril 2026, en raison de la défaillance du cabinet du Ministre Yves Coppieters.


Une fermeture qui touche 800 000 femmes en Belgique

Avec cette situation, ce n’est pas seulement une association qui disparaît.

C’est une porte qui se ferme pour près de 800 000 femmes en Belgique vivant avec l’endométriose. Et pourtant, l’équipe du cabinet était présente fin février 2026 lors de l’inauguration de notre lieu d’accompagnement, saluant un projet “essentiel”, “vital”, “emblématique” qu’elle est “très fière de soutenir”.

Des mots.

Aujourd’hui, plus aucun acte pour soutenir concrètement ce travail.

Mais on ne soutient pas un projet avec des discours et un post Instagram : on le prouve par des décisions.


Toi Mon Endo, une association née d’un vide total

Toi Mon Endo a été fondée en 2020, à une époque où l’endométriose n’était représentée nulle part en Belgique :

  • absence de sensibilisation
  • absence de reconnaissance politique
  • absence de structures dédiées
  • absence de formation
  • absence de financement
  • ...


Alors même que 1 à 2 femmes* sur 10 sont atteintes, vivent avec des douleurs chroniques invalidantes, qu’il n’existe aucun traitement curatif, et que le délai moyen de diagnostic reste de 7 à 12 ans en Belgique.


*personnes FINTA

Un impact concret, unique en Belgique

Depuis 2021, avec les premiers subsides belges dédiés à l’endométriose, TME n’a cessé de croître.

Aujourd’hui, TME c’est :

  • Le premier lieu non hospitalier en Belgique dédié à la prévention, l’accompagnement et la formation autour de l’endométriose: un espace où nos psychologues répondent à une urgence réelle : 25 demandes d’aide directes par semaine, parfois vitales
  • Des ateliers pour aider les patientes à mieux vivre avec la maladie
  • Plus de 40 conférences par an partout en Belgique
  • Des formations pour les professionnel.le.s de santé et les centres de plannings familiaux
  • Plus de 10 000 élèves sensibilisés chaque année en écoles secondaires

Et tout cela peut disparaître ce mercredi.


Une situation évitable

Depuis août 2025, nous avons entrepris toutes les démarches pour assurer la continuité de nos conventions.

Côté cabinet :

  • des retards constants
  • des renvois internes sans réponse
  • des absences d’interlocuteurs systématiquement invoquées comme justification à l’absence de réponse
  • des demandes incohérentes (comme “aller chercher des dons” pour compenser des engagements publics non tenus)
  • ...



Pendant ce temps, nous avons fait preuve de patience.

L’année dernière déjà, un retard de subsides de 3 mois avait contraint la fondatrice, Laura Lequeu, à injecter ses économies personnelles pour maintenir les activités. Aujourd’hui, la situation se répète.

Une contradiction politique flagrante

Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle contredit directement les priorités affichées du Ministre :

  • La stratégie Genre et Droits des femmes 2025–2029, qui prévoit une meilleure prise en compte de la santé des femmes, notamment l’endométriose
  • L’avis d’initiative n°107, qui reconnaît le sous-diagnostic et le manque de prise en charge de l’endométriose
  • Le communiqué du 28 mai 2025, où l’endométriose est présentée comme une priorité du Ministre, avec un délai de diagnostic qualifié “d’inacceptable”


La question aujourd’hui est simple

L’endométriose est-elle une priorité réelle, ou un argument de communication politique ?

Car aujourd’hui, les actes ne suivent pas les paroles.


Depuis le 1er janvier 2026, nous attendons le versement de nos subsides. Nous relançons chaque semaine. Sans réponse.


Et pendant ce temps, vous estimez que 17 centimes par femme atteinte d’endométriose constituent une réponse acceptable ?

Soyons claires : ce n’est pas du soutien.

C’est du mépris.


Aujourd’hui, nous demandons :

  • un versement immédiat des subsides
  • un financement digne de la réalité du terrain


Et nous le demandons maintenant, pas dans plusieurs semaines, pas “quand ce sera possible”.

Nous demandons également que cela cesse :

 les non-réponses, les renvois internes, l’épuisement organisé.

Parce que oui, ce que vous faites aujourd’hui, c’est nous épuiser et nous ignorer.


Ce n’est pas abstrait.

 Ce n’est pas administratif.

 C’est réel.

Et aujourd’hui, votre inaction a des conséquences concrètes, sur une association, sur des milliers de femmes, et sur des vies.


Toi Mon Endo ASBL.

Contact Presse: Laura Lequeu - Fondatrice Toi Mon Endo ASBL

hello@toimonendo.com ou +32 487 43 36 72 (uniquement via Whatsapp svp OU envoyer un sms et Laura vous rappellera directement)